Depuis le 22 juin je passe une bonne partie de mon temps à réparer/restaurer les volets de la façade de la cour. Leur état est plus que déplorable, je vous laisse en juger par vous-même :
Il y a 12 volets à faire et 2 portes. On a convenu avec le peintre qu’il pourrait les faire en septembre, j’ai donc du boulot et je ne sais pas trop encore ce que ça va donner… ni combien de temps je vais prendre.
Première étape : retirer tout ce qui tombe avec une spatule, gratter le bois et retirer le pourris. Je m’occupe en premier des volets. Les jonctions entre les lames des volets ont été comblées avec de la pâte à bois : je retire tout sur les volets récents (1995) et je décolle ce qui saute sur les plus anciens. La rainure entre les lames de volets permet au bois de se dilater : il ne faut pas les combler. C’est pour ça que je retire tout. Par contre sur les vieux vieux volets c’est tellement abimé que si je retire tout… il ne reste plus rien. Attention, j’ai bien dit « abimé », pas « pourri » donc ça va encore. Je remarque au passage que la conception des volets à changés. Maintenant on a de grosses traverses cloutées sur le volet (voir en forme de Z sur les portes). Sur les plus anciens j’ai eu un peu plus de mal à voir comment ça tenait. En fait il y a bien une traverse mais insérée dans l’épaisseur des lames et chevillées. Aller, on décolle tout et je retire les ferrures qui me gênent :
Deuxième étape. J’ai dans le garage pas mal d’anciens volets : ceux de la façade arrière quand on a installé les volets roulant et ceux d’avant qui étaient déjà là en attente. Je vais donc découper les lames et les changer quand je peux, ou faire un insert quand je ne peux pas. Je me rends compte à ce moment qu’il y a plusieurs largeurs de lames dans les volets récents : 9 et 10cm… en stock j’ai pas mal de 9cm et 2 volets en 10cm. Je sais lesquels je vais sacrifier maintenant. Bien évidemment je ne peux pas récupérer toutes les lames sur les anciens volets car ils sont, eux aussi, abimé. J’en récupère des morceaux de 57cm (une quinzaine) : ça suffira. Deuxième étapes donc : découper les volets autour des zones abimées. Merci la circulaire, la scie sauteuse et la perceuse (pour pouvoir mettre la scie sauteuse au milieu d’un bois). Voici quelques exemples :
Troisième étape : Découper le bois sain dans mes volets en stock (attention à la largeur et l’épaisseur…) et insérer/coller le tout. Il faut jouer avec la râpe à bois, la cale à poncer, le ciseau à bois pour faire des ajustements pas trop moche… et c’est long.
Attention à la colle ! Toutes les colles ne sont pas bonnes pour l’extérieur. Les colles à bois sont classées de D1 à D4. Pour de l’extérieur il faut de la D3 ou D4. Les D1 et D2 n’apprécient pas du tout l’humidité. Je suis donc allé acheter de la bonne colle.
Pour les bois entier, où ceux où j’avais de la place, j’ai utilisé une lamelleuse (ou fraiseuse à lamelles) pour faire des incisions et y insérer un « biscuit » ou lamello®. C’est fichtrement efficace : une fois enduit de colle le buiscuit gonfle, occupe toute la place et rend la jonction très solide. Ce système permet d’abouter deux planches avec un alignement parfait (je vous laisser aller sur internet voir comment ça marche). Par exemple sur le volet de la mezzanine, tout le bas est pourri : je change tout.
Première photo je découpe un bout de volet sain et je reporte les côtes sur le volet pourri.
Photo 2 : Je coupe le volet
Photo 3 : La machine magique
Photo 4 : Ça tient même sans colle. C’est fort (je montre juste après ce que fais la machine)
Photo 5 : Avec de la colle c’est mieux. Et sanglé encore plus. Pour la petite histoire c’est là où je me suis rendu compte que j’avais une colle D2… j’ai donc tout recommencé quelques jours plus tard.
Sur les autres volets il y a aussi de gros morceaux remplacés et fixés avec la lamelleuse. On voit bien sur la première photo le travail de la lamelleuse et sur la seconde le biscuit plein de colle. Le trait au crayon papier est fait pour aligner les deux fentes pour un ajustement parfait.
Quatrième étape : Poncer les nouveaux bois pour bien aligner les coupes. Pour les volets « récent » je refais aussi la fente entre deux lames… enfin je la simule car pour pas mal de cas il y a maintenant un bois entier à la place, mais pour l’esthétique il faut y passer. Je le fais soit à la défonceuse quand j’ai la place, soit au ciseau à bois. Et quand il faut je remets des clous dans les traverses. Les clous sont très enfoncés pour pouvoir les protéger avec de la pâte à bois par la suite (je fais comme c’était fait pour être franc).
Quand j’ai retiré les ferrures j’ai un peu abimé le pas de vis des fixations. Faut dire que c’était un peu rouillé et que j’y suis allé avec le gros marteau et un bout de tige fileté. Le bout est un peu écrasé du coup je refais le filetage. Par la même occasion ça me retire la rouille :
Je me suis gardé pour la fin la porte de droite du cabanon car elle était vraiment abimée. Mais en fait avec la même technique elle est rapidement traitée et remontée à sa place :
Voilà monsieur le peintre. Les 12 volets et 2 portes sont prêtes pour le ponçage et la mise en peinture…et j’ai même un peu d’avance 🙂